5 juin 2006

Des documents rares sur le site de l’Université de Californie du Sud : la collection du réverend Corwin Taylor, ressources de la bibliothèque de l’héritage coréen.

Le révérend Corwin Taylor était missionnaire en Corée de 1908 à 1922. Ces clichés ont été donnés à l’USC et sont disponibles sur le site The Reverend Corwin Taylor Collection : Resources at Korean Heritage Library: Korea: East Asian Library dans une bien meilleure résolution.

J’en reprends ici quelques-unes, en traduisant les commentaires éventuels du révérend. Ce qu’il écrit n’est bien évidemment pas parole d’évangile ;P Le texte accompagnant la photo des enfants japonais et coréens pourra en faire bondir certains…

Par ailleurs, de trop nombreuses photos sont coloriées de façon fort hideuse, mais les pires ont été refoulées à la porte. Il vous faudra donc aller sur le site de l’USC pour admirer la couleur jaune safran dont ont été affublés les pauvres modèles.

Villes et bâtiments

Vue générale de Suwon

Suwon, située à une vingtaine de kilomètres de Séoul, est l’une des villes les plus connues et intéressantes de Corée. Cette photo a été prise du haut de la porte sud qui surplombe la rue principale. Les maisons sont typiques d’une ville coréenne qui n’a pas encore été influencée par l’architecture européenne.


Namdaemun… Si les alentours ont bien changé, la porte est facilement reconnaissable.

Écoles en enfance


Enfants devant une école primaire.
Plusieurs commentaires insistent sur l’importance donnée à l’éducation dans la société coréenne, et le très grand nombre de personnes sachant lire.

photo de classe avec des étudiants mariés

Les Coréens se marient très jeunes. Il y a des garçons marié au collège[1]. Le statut d’homme marié des trois garçons sur cette photo est indiqué par le port du chapeau.

Enfants coréens et japonais

Il y a approximativement 375 000 Japonais en Corée, dont 75 000 dans la ville de Séoul. Ces enfants grandissent ensemble, se mélangent harmonieusement sur les terrains de jeux et à l’école et plus tard dans la vie sociale, industrielle et économique : on s’attend donc à ce que les sentiments d’animosité s’estompent et que se renforcent les sentiments d’amitié.

Scènes de rue et vie de tous les jours

Recevoir et lire une lettre est considéré comme un évènement important qui est partagé entre amis. Il n’y a pas de chaise dans les maisons coréennes, donc les personnes sont soit couchées soit accroupies. Le sol des maisons est recouvert d’un papier imperméabilisé et très solide, en fibres, de bien meilleure qualité que les meilleures toiles cirées occidentales.

Les confiseries coréennes sont faites à partir d’orge et sont très nourrissantes. Quelques pennies vous achèteront une ration qui vous tiendra plusieurs heures de marche sans avoir besoin d’autre repas.

Religion et croyances

Les rites montrent l’influence du Confucianisme. Les morts sont portés vers une montagne ancestrale pour y être inhumés. Les tombes sont souvent entourées de ciment. Des pèlerinages vers les tombes sont effectués régulièrement.

Chapeau coréen pour le deuil. Quand un père ou une mère meurt, on pense que la responsabilité revient à une faute commise par le fils. Ce chapeau large est porté pour que le Ciel n’ait pas à voir son visage coupable. Le chapeau et le sac de toile doivent être portés une année complète. L’homme porte une pipe à sa main droite.

La croyance dans les esprits maléfiques reste très vivace dans la religion coréenne. Ces poteaux, placés à l’entrée des villages, servent à effrayer les mauvais esprits. Auparavant, on pouvait les trouver partout en Corée. Maintenant, on ne les trouve plus que dans les endroits reculés : les Japonais les ont retirés pour construire des routes plus larges. Les noms donnés à ces poteaux sont révélateurs de la place de la femme dans la société coréenne. Ils sont appelés Monsieur le régent du Paradis et Madame la régente de l’Enfer.


Le doute est permis sur la justesse de plusieurs commentaires. Le dernier peut par exemple être lu à l’aune de la propre croyance du révérend, mais cela n’enlève rien — au contraire — à l’intérêt de ces documents. Une vision rare de ce qu’a pu être le quotidien lors des premières années de l’occupation japonaise. Les entraînements physiques à l’école ressemblaient à l’armée et laissent à imaginer les choses à venir…

Notes

[1] Dans son sens français, middle school américaine.

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Ce billet a été écrit le Lundi 5 juin 2006 à 22:57 et est rangé dans la catégorie Documentaires sur la Corée. Vous pouvez suivre les commentaires de ce blog en vous inscrivant au fil RSS des commentaires. Vous pouvez laisser un commentaire, ou un rétrolien depuis votre blog.

2 commentaires to “Photographies de la Corée du début du vingtième siècle”

Alex dit :

Bonjour,

le lien vers la collection du Révérend Corwin Taylor a changé:
http://www.usc.edu/libraries/archives/arc/libraries/eastasian/korea/resources/kda-taylor.html

J’en profite pour vous féliciter et vous remercier pour tout ce que vous partagez à travers ce blog.
Ce site est une vraie mine d’informations et une source de plaisir pour moi qui suis en Master FLE et qui suis également tombé amoureux de la Corée du Sud lors d’un long séjour en 2003.

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Jérôme dit :

@Alex : Merci Alex pour le lien (qui est maintenant corrigé) et pour le commentaire sympathique.

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