29 juillet 2006

Welcome to Dongmakgol, deuxième plus gros succès dans les salles coréennes en 2005, est un pur moment de bonheur. Mais l’atmosphère féerique digne des dessins animés du studio Ghibli (Mon voisin Totoro, Le Voyage de Chihiro) cache-t-elle un discours moins plaisant ?

Affiche de Welcome to DongMakGol

Welcome to Dongmakgol (2005) 웰컴 투 동막골

Le film

Automne 1950, en pleine guerre de Corée, un aviateur américain, trois soldats nord-coréens et deux sud-coréens arrivent par hasard à DongMakGol, un village perdu au milieu des montagnes, resté à l’abri du temps, de la modernité, de l’Histoire même.

La vie à DongMakGol est celle d’un idéal pastoral, une vision romantique et complètement irréaliste de la campagne où le travail des champs est dur mais plaisant, où les habitants vivent en harmonie entre eux et avec la nature dans un univers clos, autosuffisant, sans soucis ni conflit.
L’arrivée des militaires — et de leurs antagonismes — va tout d’abord semer la pagaille dans le village, mais ils vont peu à peu se laisser gagner par la pureté naïve des villageois et oublier leurs différends pour finalement s’allier pour défendre le village lorsque l’Extérieur menacera ce paisible Éden.

Welcome to Dongmakgol a fait plus de 8 millions d’entrées en Corée, ce qui constitua la meilleure performance au box-office pour 2005 après 왕의 남자, The King and the Clown. Cela s’explique bien évidemment par la beauté de la photographie, la musique de Joe Hisaishi, la performance des acteurs, l’écriture (basée sur une pièce de théâtre). Mais au-delà de ces qualités, j’ai ma petite explication sur l’engouement du public coréen.
Le village de DongMakGol est la représentation d’une Corée perdue, voire d’une Corée qui n’a jamais existé si ce n’est dans le coeur des Coréens : une Corée unifiée, un royaume ermite qui n’a subit aucune influence d’un extérieur qui semble d’ailleurs ne pas exister pour les villageois et où l’Histoire récente n’est pas tragique : ni occupation japonaise, ni guerre fratricide.

Certains pourront trouver cette représentation rétrograde, voire dangereuse, dans son idéalisation d’une culture coréenne pure qui n’aurait pas été dévoyée par les influences (forcément mauvaises) de l’Extérieur.
Mais comme dautres, je préfère y voir, comme pour Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, un joli conte de fées qui, l’espace de 2 heures, nous fait rêver, voyager et retrouver notre part d’enfant. Cette Corée-là est comme ce Paris-là, tellement magique qu’elle continue à enchanter notre quotidien longtemps après. Et — qui sait — peut-être lors de mon prochain séjour en Corée, au détour d’un sentier de montagne…

Bande annonce


Crédits

  • Réalisateur
    • Park Kwang-hyeon (박광현)
  • Scénario
    • Jang Jin (장진)
    • Park Kwang-hyeon (박광현)
  • Acteurs
    • Sin Ha-gyoon (신하균)
    • Jeong Jae-yeong (정재영)
    • Kang Hye-jeong (강혜정)
    • Seo Jae-kyeong (서재경)
    • Im Ha-ryong (임하룡)
    • Jo Deok-hyeon (조덕현)
    • Yoo Seung-mok (유승목)
    • Jeong Dae-hoon (정대훈)
  • Genre : Guerre, Drame
  • Durée : 133 mins
  • Sortie : 04 août 2005

Welcome to Dongmakgol

Site officiel

Lire aussi l’article du blog de Kim-Bong-Park: « des Bons des Brutes et des Cinglés ».

À lire aussi :

Ce billet a été écrit le Samedi 29 juillet 2006 à 13:26 et est rangé dans la catégorie Films coréens. Vous pouvez suivre les commentaires de ce blog en vous inscrivant au fil RSS des commentaires. Vous pouvez laisser un commentaire, ou un rétrolien depuis votre blog.

2 commentaires to “Welcome to Dongmakgol – 웰컴 투 동막골”

Gabie dit :

C’est un très joli et étonnant film empli de poésie. J’ai adoré la réalisation et les acteurs. A voir! la scène du sanglier mythique!

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poulpoul dit :

un pur régal de 2h avec Kang Hye-jeong qui est toujours aussi sublime à chacune de ses apparitions ….

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