
Voyage paranoïaque au cœur de la Corée du Nord.
Synopsis :
La Corée du Nord, un pays que beaucoup adorent détester. Déclarée comme appartenant à l’axe du mal par George W. Bush, mais défendue par une délégation internationale de sympathisants : la Korean Friendship Association. Ils ont mis sur pied une grande marche à travers la Corée du Nord avec pour but de montrer leur solidarité avec le régime et le peuple nord-coréens. Les autorités ont même accepté la présence de citoyens et d’un journaliste américains.
Cette « Marche internationale pour la paix et la réunification » est organisée par la KFA (Korean Friendship Association), une association internationale de sympathisants de la Corée du Nord. Son chef est un ressortissant espagnol de 29 ans, Alejandro Cao de Benos de Les y Perez. Originaire d’une famille aristocratique, il dirige maintenant une organisation composée essentiellement de jeunes, déçus par la société de consommation qui prévaut dans le monde occidental.
Pendant 12 jours, les 22 participants vont voyager à travers un pays rempli de monuments, de propagande et de pauvreté. Friends of Kim est un film sur l’idéalisme, la confiance et la malhonnêteté. Ce qui a commencé comme un voyage plein de rêves et de mystère va se terminer en un cauchemar claustrophobique.
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Avant de traverser la route, penser à bien regarder à droite et à gauche.
Crédits
- Réalisateurs
- Raphael Wilking
- Hans van Dijk
- Genre : documentaire
- Pays : Pays-Bas
- Durée : 58 minutes
- Production : Micromovies
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Alejandro Cao de Benos de Les y Perez, le clone ibérique de Kim Jong-il
Mon avis
Ce documentaire nous entraîne à la suite d’un groupe de jeunes occidentaux sympathisants du régime nord-coréen. Leur « grande marche à travers la Corée du Nord » tient rapidement du voyage organisé en autocar où ils sont gentiment accompagnés d’un monument à la gloire du cher leader à une baignade dans la mer du Japon/de l’Ouest en passant par la visite d’un musée décrivant toutes les horreurs de la guerre de Corée guerre de libération de la patrie (commises, bien entendu, exclusivement par les soldats américains).
Nos apôtres du « paradis des travailleurs » se révèlent rapidement des touristes assez banals (on les voit déambuler avec un maillot de foot sur le dos, un iPod ou un appareil photo numérique à la main), en décalage total avec leur environnement (barrages de l’armée sur les routes, autoroutes vides).
Leur facilité à ignorer l’évidence laisse rêveur : S’il n’y a pas de voitures dans les rues, c’est que la Corée du Nord a eu du mal à se remettre de la crise pétrolière dans les années 70 ; il n’y a pas de famine ici : la preuve, c’est qu’on nous sert beaucoup à manger…
Si nos visiteurs vont voir — sans poser de questions — ce qu’on veut bien leur montrer, les réalisateurs parviennent parfois à exposer le filtre de la censure, comme lorsqu’un soldat coréen se tourne vers son supérieur pour savoir s’il doit répondre la version courte ou la version longue. Ce sera la version courte, qu’il débitera d’un trait : leçon bien apprise, camarade !
Finalement, ce voyage ouvrira les yeux de quelques membres : certains réalisent que cette marche semble plutôt destinée à un « usage interne » (comprendre « propagande locale ») ou que les manifestations de joie des Nord-Coréens ne sont peut-être pas aussi spontanées que ça.
Et quand finalement une personne ose avancer l’idée qu’à l’âge de l’Internet, il n’était peut-être pas réaliste (ni même souhaitable — hérésie !), de vouloir contrôler et museler les avis divergents, il n’y a plus qu’une solution : chasser l’auteur de telles pensées.
Ou comment la Korean Friendship Association est le fidèle miroir du régime qu’elle supporte.
Extrait du documentaire
Sur la toile
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De l’autre côté du miroir : Panmunjeon, vu du Nord
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