17 février 2008

Dans le nuit du vendredi (22 février) au samedi, Arte nous propose, à l’heure très abordable de 00:05, Crocodile, le premier film de Kim Ki-duk…
(et merci à Black JackHerer pour l’info)

악어, Crocodile, de Kim Ki-duk

Alors, de quoi ça parle ?

À Séoul, un SDF revend à leurs familles les corps des suicidés qui se jettent dans la rivière. Jusqu’au jour où il repêche une jeune femme vivante.

Hmmm, quelle charmante histoire…


Vous en voulez plus ?

À Séoul, Crocodile, SDF violent et opportuniste, vit sous un pont de la rivière Han en compagnie d’un vieil homme et d’un enfant. Il « gagne » sa vie en exploitant le suicide des malheureux qui se jettent dans la rivière. Une fois noyés, il plonge pour leur vider les poches et cache les corps afin de soudoyer par la suite les proches des décédés… Un soir, une jeune femme trahie par son petit ami se jette du pont. Le petit garçon implore Crocodile de la sauver. Le vagabond s’exécute, et Hyun-jung rejoint les rangs de cette curieuse famille, violée et battue à tour de bras par son sauveur lunatique, désireux de supprimer toute trace d’espoir et de bien-être chez ses compagnons d’infortune…

Source : Arte

Alors, vais-je le regarder ?
Contrairement à beaucoup de personnes (hors Corée), je n’apprécie que peu Kim Ki-duk qui est à mon sens un réalisateur de festivals :
Ses films sont des fours commerciaux en Corée où il peine à les sortir (je crois que Time n’a été diffusé que dans une seule salle sur toute la péninsule). Il se montre d’ailleurs très méprisant à l’égard de ses compatriotes, lesquels sont, à ses yeux, des imbéciles qui ne comprennent rien à son art. Sympa.
Ajoutons à ça que ses films ont tendance à devenir des caricatures d’eux-mêmes (dialogues autistiques, scénario allégorique) qui ne semblent plus viser que les critiques de cinéma et les comités de sélection des festivals européens.
Bref, si j’ai adoré plusieurs de ses films (Printemps, été, automne, hiver… et printemps ou encore Locataires), j’ai eu rapidement une impression de redite à la vue d’autres. La misogynie plus que sous-jacente a achevé de m’éloigner de ce réalisateur.

Mais je crois que plusieurs lecteurs ne partagent pas cet avis…
Alors que pensez-vous de Kim Ki-duk ?
Glop ou pas glop (comme on dirait chez Epikt) ?

Plus d’infos sur le film avec Sancho Does Asia et sur le réalisateur avec le Cinématographe et pour ceux qui rateraient cette diffusion, on a droit à deux rediffusions :
le 29 février 2008 à 03:00
le 05 mars 2008 à 03:00

À lire aussi :

Ce billet a été écrit le Dimanche 17 février 2008 à 21:21 et est rangé dans la catégorie Films coréens. Vous pouvez suivre les commentaires de ce blog en vous inscrivant au fil RSS des commentaires. Vous pouvez laisser un commentaire, ou un rétrolien depuis votre blog.

13 commentaires to “Un film rare de Kim Ki-duk sur Arte”

Pierre dit :

Wow, merci pour l’info, c’est le seul que je n’ai pas vu dans sa filmo (j’en ai bien une version mais avec sous-titres italiens incrustés dessus…). Par contre l’horaire est tout pourri, et je n’ai rien pour l’enregistrer :(
Au sujet de Kim Ki-Duk, je ne partage pas ton avis (tu t’en doutais peut-être ^^). Ses films très conceptuels, souvent magnifiquement filmés, cachent souvent une réflexion profonde et passionnante derrière leur dureté apparente. Je ne le pense d’ailleurs pas misogyne (peut-être pensais-tu au final de Bad Guy ?). Il y aurait matière à discuter des heures là-dessus ^^
Je pensais d’ailleurs rédiger une série d’articles reprenant l’ensemble de sa filmographie dans l’ordre chronologique. Ce sera l’occasion de m’y mettre si j’arrive à voir ce fameux Crocodile !

RépondreRépondre

Jérôme dit :

Pour la misogynie, je pensais… à plus ou moins tous les films que j’ai pu voir de lui : les femmes y sont battues, violées, infidèles ; des prostituées, ou encore des mères indignes.
Difficile d’y voir un éloge de la gent féminine.

RépondreRépondre

Pierre dit :

Justement, dans presque tous les cas elle sont plus victimes qu’autre chose, de la cupidité et l’idiotie des hommes ou encore d’une société trop soucieuse des apparences… C’est sûr que leur vision n’est pas très rose (surtout dans ses premiers films), mais la critique ne me semble pas tournée vers elles.

RépondreRépondre

Hug dit :

A noter la veille sur la même chaine un reportage de Sophie Bredier (adoptée coréenne) intitulé : « Femmes asiatiques, femmes fantasmes »

http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=866575,day=6,week=8,year=2008.html

RépondreRépondre

Pierre dit :

@Hug, tiens dans Télérama ils en parlent avec des mots très durs, ça m’a vraiment pas donné envie… (ça m’a l’air bien clicheteux quand même)

RépondreRépondre

Gilles dit :

Moi, j’ai longtemps cru que le premier film de Kim Ki-duk, c’était « Giant Monster Yonggary »:

http://en.wikipedia.org/wiki/Yonggary

Mais apparemment ce Kim Ki-duk là est un homonyme…

RépondreRépondre

Loky5 dit :

Et bien merci je vais pouvoir le voir.
@Pierre, je confirmerai par msn, mais je te l’enregistre si tu veux ;)

RépondreRépondre

Pierre dit :

@Loky55 ah bah justement Jérôme me l’a proposé aussi ! Zêtes gentils quand même.

RépondreRépondre

Laurent dit :

Je pense au contraire que Kim Ki-Duk est un grand adorateur des femmes et pourfendeur de la médiocrité masculine. Je n’ai jamais relevé dans ses films d’allusion misogyne. La plupart des ses oeuvres sont au contraire, une ôde à la féminité et à son courage dans un monde dominé par les hommes. Les personnages féminins y sont toujours magnifiques et sont ceux par qui les hommes trouvent leur rédemption. En fait je crois bien que la femme est le sujet de presque tous les films de Kim Ki-Duk.

A part ça, j’aime le rythme de ses films, les images magnifiques et la poésie qui s’en dégage en général.

RépondreRépondre

Jérôme dit :

Je m’attendais à une défense de Kim Ki-duk… mais qu’on me parle de ses films comme des odes à la femme, j’avoue que ça m’a pris de court. ;)

Il serait intéressant d’avoir un point de vue féminin sur la question, car — et ce, sans rien retirer à la justesse et la valeur des commentaires apportés — c’est un peu facile pour des mecs de nier le phallocratisme d’un réalisateur (ou de notre société).

Alors, mesdames les lectrices, un avis à partager ?

RépondreRépondre

ToNiO dit :

Pour ceux qui on loupé cette première diffusion, il y a possibilité de revoir le film sur Arte+7.
Par contre de 23h à 5h du mat (public tres averti).

C’est
par ici que cela ce passe.

Jusqu’à au moins vendredi 29 février au moins.

Voila..
J’ai pas lancé la lecture (trop tôt) donc je ne peu pas vous dire ce qu’il en ait de la qualité de l’image et du son..

RépondreRépondre

Epikt dit :

J’arrive un peu après la bataille (comme souvent), n’ayant même pas vu Crocodile, tout ça pour couper la poire en deux et donner un avis mi figue mi raisin, c’est à se demander à quoi je peux bien servir…

Au sujet de la sempiternelle misogynie de KKD, à chaque fois ça revient sur le tapis et je sais jamais quoi en penser. Certes, les femmes s’en prennent souvent plein la gueule dans ses films. Mais les hommes aussi. Kim appréciant visiblement de remuer la merde et d’aborder des sujets osés, la violence et l’exploitation reviennent forcément souvent, et dans une société patriarcale les femmes en sont les premières victimes. Qu’il mette en scène ce genre de situations, parfois en ne s’apitoyant pas des masses sur les victimes, n’a pour moi pas vraiment de poids idéologique. Je dirais plutôt un léger penchant sadique pour la souffrance et l’injustice mise en image.

Quand à « mais que pensez vous donc de lui ? », j’ai coutume de dire que KKD ne fait qu’un bon film sur deux ou trois (c’est probablement pour cette raison que je ne semble pas pressé de voir Souffle) et je te suis parfaitement quand tu parles de « réalisateur de festival ». Sans pour autant détester son oeuvre d’ailleurs, mais il est vrai que l’auteurisme apprécié par son public occidental semble peser sur son travail, le poussant parfois à la redite édulcorée sans grand intérêt (je pense surtout à L’Arc et Printemps été automne hiver et printemps).
Je suis pourtant vraiment pas fan de sa mise en scène (sauf dans Locataires où il se lache un peu) souvent trop plan-plan, voir pire vainement esthétisante carte-postalesque, mais se trouvent ça et là quelques très jolis films (disons pour faire vite Locataires, Time et L’île) au milieu d’un certains nombre pas toujours hyper concluants mais assez correct (Adresse inconnue, Bad Guy,…). Et quelques trucs vraiment pas fun (L’Arc) voir très chiants (PEAHP) voir carrément laids et vains (Real Fiction, qui part pourtant d’un bon sentiment).

PS : au sujet du film de Sophie Bredier, je l’ai pas vu, mais sauf si je me trompe de fille ce que j’ai pu voir d’elle ne m’a pas forcément convaincu.

RépondreRépondre

Dooliblog dit :

Sortie DVD du jour : Time – de Kim Ki-Duk…

Je ne pouvais pas passer à côté, en bon fanboy de Kim-Ki-Duk que je suis (et dont je vais enfin pour voir visionner le premier opus, “Crocodile”, merci Jérôme !). Le DVD de son excellent film, intitulé “Time” et sorti en F…

Laisser un commentaire

Connect with Facebook

XHTML:Vous pouvez utiliser ces balises HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>