Une des (multiples) difficultés que je rencontre dans l’apprentissage du coréen est l’éloignement total du vocabulaire de celui des langues indo-européennes
C’est ainsi qu’au premier abord, les mots peuvent sembler être constitués d’une suite de syllabes aléatoire.
Puis, petit à petit, on se rend compte que certaines syllabes reviennent régulièrement dans certains champs lexicaux et on commence à y associer un sens, de manière plus ou moins consciente.
Cela tient au fait que 60 à 70 % des mots coréens sont d’origine chinoise (on parle de mots sino-coréens), lesquels vont toujours pouvoir s’écrire en sinogrammes (hanja, ou kanji comme ils sont plus souvent connus en France). Il est possible d’associer un mot à ses racines chinoises, ce qui peut grandement en faciliter l’apprentissage.
Rapide revue du phénomène…
Prenons le mot 학 (hak) qui
학 : en hanja, 學, et qui signifie le savoir, l’apprentissage ou encore l’école.
De cette base, on va pouvoir composer les mots suivants :
학문 : 學問 le savoir + la porte demander = l’apprentissage
학과 : 學課 le savoir + la leçon = la leçon
학위 : 學位 le savoir + le statut, le rang = le diplôme
수학 : 數學 les chiffres + le savoir = les mathématiques
학교 : 學校 le savoir + l’école = l’école
학생 : 學生 le savoir + la vie = l’apprenant
Maintenant, reprenons ces deux derniers mots auxquels on va ajouter 大 대 (grand) pour créer
대학교 : 大學校 grand + le savoir + l’école = l’université
대학생 : 大學生 grand + le savoir + la vie = l’étudiant
On pourrait aussi remplacer grand par milieu 中 중, ce qui nous donnerait
중학교 : 中學校 le milieu + le savoir + école = le collège
중학생 : 中學生 le milieu + le savoir + école = le collégien
Reprenons 학 pour une autre transformation :
학자 : 學者 le savoir + ce qui a/fait = l’universitaire
Nous avions vu 수학 (les mathématiques), donc voilà le mathématicien :
수학자 : 數學者 les chiffres + le savoir + ce qui a/fait = le mathématicien
Magique, non ?
Non seulement le temps passé à rechercher les racines chinoises des mots s’avère extrêmement utile pour les mémoriser, je trouve cette plongée fascinante pour tenter de comprendre la façon de penser coréenne.
Cependant, tout n’est pas rose et il me faut pointer les limites de cette approche.
L’homonymie :
Les sinogrammes 嗀 嗃 嚛 壑 奭 学 學 斈 涸 狢 瘧 皬 确 虐 謔 郝 鶴 鷽 鶴 se prononcent tous 학 (hak) et si plusieurs sont dérivés du même caractère (et prennent donc un sens proche), les autres vont signifier des choses aussi variées que la colère, la fièvre, vrai, cruel, etc.
Bref, si on essaye de deviner le sens d’un mot en associant une syllabe à un sinogramme, la marge d’erreur sera grande.
La création de mots-valises :
L’autre piège consisterait à vouloir créer un nouveau mot à partir des caractères que l’on connaît. Par exemple, on sait que 약 (yak) veut dire le médicament. On se dit «Facile, le pharmacien est celui qui fait les médicaments : 약자 ». Raté, c’est 약사 (même si on a bien un 약학자, où l’on retrouve notre 학, mais qui me semble bien moins courant).
J’avais repéré un excellent ouvrage pour travailler cette approche. Il s’agit de Chinese Characters, a Radical Approach que ma très bonne amie Da-Young a eu la gentillesse de m’offrir lors d’un séjour en Corée (다영, 너무 고마워요 ^^)

Disponible dans les grandes librairies sur Séoul, il est également possible de le commander via Seoul Selection pour 40 000 wons (frais de port en plus).
Et si vous ne souhaitez pas investir dans un livre, vous avez toujours un dictionnaire en ligne des hanjas.
Attention cependant, il me paraît bien moins complet que Chinese Characters, a Radical Approach et, surtout, n’offre pas des explications sur les glissements de sens qui auraient pu s’opérer.
Je ne l’utiliserais donc qu’avec précautions.
À lire aussi :
- Du bon usage des flashcards pour le vocabulaire
- Dictionnaire électronique coréen-anglais sur Nintendo DS
- Je teste pour vous… le cours de coréen à l’école AAA
- Manuel de coréen
- Sites pour apprendre le coréen
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